Media Marketing a rencontré Laure Elsen, directrice de l’agence
accentaigu et nouvelle présidente de la
MarkCom pour un mandat de deux ans. Après un parcours assez classique, d’abord au Lycée en option artistique puis dans une école de commerce avec une spécialisation en communication et marketing, Laure Elsen entame plusieurs stages à l’étranger. De retour à Luxembourg, elle accepte pour quelques mois un stage chez Mercedes Luxembourg. En 1997, elle est engagée par le constructeur à l’étoile dans le département communication. Au départ, un boulot de RP dans la division utilitaire, puis comme responsable de l’événementiel, fonction qu’elle occupera pendant 6 ans. Indépendante dans l’âme, elle crée accentaigu en 2003, agence spécialisée dans l’événement. Passionnée aussi par le graphisme, elle s’entoure de compétences et aujourd’hui l’agence pluridisciplinaire compte 13 personnes dont un département graphique géré par Yvette Morheng, Graphic Designer et associée de l’agence qui fêtera cette année ses 15 ans d’existence.
Pourquoi avoir accepté la présidence de la MarkCom ?
La MarkCom a un conseil restreint. Je suis persuadée que chacun doit prendre à un moment donné ses responsabilités. C’était mon instant. J’ai posé ma candidature parce que je me sentais prête, même si cette fonction est difficile. Je n’ai pas la volonté de tout changer mais une envie d’améliorer le fonctionnement et de m’investir pour cette association qui a un rôle important pour notre profession. Je veux rester réaliste. Nous sommes tous conscients des limites de l’association et de la difficulté de cumuler notre activité principale et notre rôle à la MarkCom.
Comment se porte l’association aujourd’hui ?
Marc Haas a fait un très bon travail durant les 2 dernières années. Il a fait bouger les choses et ma volonté est d’aller dans le même sens. Il a initié des projets que je continuerai à soutenir. Il m’aide beaucoup actuellement pour reprendre les dossiers en cours. L’association compte aujourd’hui 21 membres et représente 375 salariés. Le recrutement de nouveaux membres est primordial. Il y a encore trop de bonnes agences sur le marché qui ne font pas encore partie de l’association. Nous tournons avec un budget annuel de +/- 85000 € qui représente les cotisations des membres. Chaque agence paye en fonction du nombre de ses employés. En résumé, l’association se porte bien. A moyen terme, nous devons engager une personne dédiée au fonctionnement quotidien.
Depuis 1995 la Markcom tente d’assurer la vitalité et l’excellence de la com et du marketing au Luxembourg. Rôle difficile pour plein de bonnes raisons. Pensez-vous qu’une association comme la MarkCom est encore utile dans son modèle actuel pour le monde en pleine évolution comme nous le vivons en com?
Nous devons nous poser beaucoup de questions. Personnellement je pense que notre modèle actuel n’est pas idéal.. Les membres ne sont pas tous nécessairement du même avis. Vu de l’extérieur, cela doit être compliqué de comprendre ces différences. Nous avons la réputation d’être très protectionniste et c’est dommage. Pour moi nous devons donner une autre image. Nous devons nous ouvrir aux jeunes agences et aider les nouvelles structures sans attendre les résultats de leur développement. Je me souviens lors de la création d’accentaigu, j’ai eu cette frustration de ne pas pouvoir dès le début partager des discussions ou prendre des conseils.
Quels sont vos projets concrets dans le cadre de la MarkCom pour cette année ? Avez-vous présenté un plan d’activation à vos membres ?
Le mode de fonctionnement de la MarkCom est assez simple. Pour répondre à la question, il n’y a pas de dossier ou de présentation. Le conseil accepte les activités proposées dans le cadre de ses compétences. Elles ne font pas parties d’un plan détaillé. Actuellement nous travaillons sur quelques gros chantiers, tel le roadshow dont la thématique est l’éternelle question de l’organisation des pitches. Nous serons prêts pour début 2019. Nous sommes aussi en discussion avec Design Luxembourg pour organiser une conférence.
Beaucoup de vos membres aimeraient plus d’activités, plus d’actions (décisions) et des changements tangibles au sein de la MarkCom. Ils attendent beaucoup de votre mandat. Que pouvez-vous leur dire ?
Je comprends les attentes et j’ai la volonté d’y répondre positivement. Nous construisons tous les jours. Comme pour beaucoup de clubs ou d’associations, les membres ont toujours de bonnes idées et de beaux projets à proposer mais il faut les réaliser, Il faut se pencher dessus, y réfléchir, investiguer et trouver les forces internes pour mener à bien ces projets. Nous sommes tous bénévoles et comme dans beaucoup d’autres associations ce sont souvent les mêmes qui travaillent. Il faut s’investir. Avec une réunion par mois, le processus est lent. Je reste réaliste. Ce n’est pas possible de répondre à toutes les demandes et de travailler sur tous les projets.
On entend souvent que la MarkCom n’a pas les moyens de ses ambitions. La cotisation est-elle suffisante ? Ne devez-vous pas ouvrir à d’autres activités (ou domaine d’activité) ? Trouver d’autres sources de revenus ?
La cotisation est en fonction du nombre des employés. Les montants sont déjà importants par agence. Pour demander plus, il faudrait plus d’activités et pour plus d’activités il faut plus de moyens... on tourne un peu en rond. J’en reviens à l’engagement d’une personne pour avancer plus rapidement sur les projets en cours et proposer plus d’activités par année à nos membres. Nous n’avons à ce stade pas réfléchi à trouver d’autres sources de revenus... On pourrait organiser des Awards ou un autre type d’événement pour rentrer des revenus. Mais à l’heure actuelle le débat est ouvert. Pour moi les prix donnés actuellement sur le marché luxembourgeois ne sont pas très objectifs. Ce serait à la MarkCom ou à Design Luxembourg d’organiser ce genre de prix.
Marc Haas me laissait entendre qu’il faudrait plus d’engagement des membres. Comment motiver l’engagement ? Pourquoi ne pas avoir une personne interne dédié exclusivement au développement ?
Votre question est complétement justifiée. C’est sûr que nous aimerions avoir plus de temps pour nous engager. Nous sommes tous actifs au quotidien avec des responsabilités. Je n’ai pas la solution miracle et je n’ai pas accepté ce mandat en pensant savoir mieux que les autres. Mon objectif n’est pas de tout changer mais faire prendre conscience que des choses doivent être faites et peuvent être plus rapide avec du bon sens. Nous avons des groupes de travail. Les dossiers sont répartis entre les membres et il est difficile d’imposer des choses. Nous sommes tous à un niveau d’égalité. Il ne faut pas démotiver ceux qui s’investissent. Nous avons une très bonne entente entre les membres et le jeu est ouvert. Nous avons toujours de bons échanges. Tout est une question de priorité. Une des solutions serait d’avoir une personne fixe dans l’association. Nous sommes membre de la CLC et nous attendons beaucoup d’eux en termes d’aide et de conseils. Nous avons fait l’investissement et nous voulons voir si cela est porteur.
La communication est la base de votre métier. Vos trois derniers post sur le site MarkCom sont relativement anciens. Pourquoi ?
Chacun devrait prendre en charge ses propres post. Et s’en occuper tour à tour... C’est à nouveau une question de temps... mais nous en sommes tous conscients. Il nous manque certainement de nouveaux articles, dossiers, en somme du contenu pour alimenter le site...
Et les autres associations ?
Nous avons de bonnes relations avec l’Almac. Nous avons organisé une soirée de débats. Des échanges fructueux entre les annonceurs et les agences. On travaille ensemble mais et on n’a pas nécessairement la même logique de fonctionnement. Si quelque chose semble évident pour l’un, elle ne l’a pas nécessairement pour l’autre. Ces échanges sont très constructifs.
Il faut garder du plaisir. Travailler en agence est quand même l’opportunité de voir autre chose tous les jours, de rester à l’écoute, de se former et d’aborder de nouvelles technologies. Le monde de la communication est très enrichissant.