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Christian Schmitz (IPL) : « L'atout du programmatique est la facilité d'accès à un inventaire pour les formats standards »

Mercredi 15 Mai 2019

Christian Schmitz (IPL) : « L'atout du programmatique est la facilité d'accès à un inventaire pour les formats standards »

En juillet, il y aura un an que Christian Schmitz est à la tête d’IPL. Nous l’avons rencontré pour faire un premier point et parler de sa fonction, de son quotidien, des projets en cours et de sa vision de la communication et du marketing.

Après des études à Bruxelles et Cologne et jeune diplômé comme ingénieur du son, il entre en 1997 dans le secteur bancaire. Il fait carrière dans ce domaine jusqu’en 2017 avec des activités très diverses, allant du guichet jusqu’au management. Il se spécialise dans l’animation et l’encadrement d’équipes. Il le souligne lui-même, sa passion c’est de travailler sur de nouvelles formes de gestion d’équipes.

En 2017, il rejoint RTL Group. Une envie de réorienter sa carrière et de découvrir un autre univers. A cette époque, le groupe cherche une personnalité pour reprendre la fonction de Lou Scheider et assurer une transition en souplesse. Comme la volonté de RTL Group est de recruter une personne extérieure à la maison avec un ancrage fort dans le tissu économique luxembourgeois et une vue complétement neutre, il est approché. Il étudie la demande et se rend compte de la chance et de l’opportunité qui s’offre à lui.
 
Vendredi 13 juillet 2018 : Lou Scheider quitte la maison RTL. Cela fait un peu moins d’un an que vous occupez le poste de directeur. Un petit bilan de cette première année ?

Lou a piloté l’entreprise pendant 24 ans avec une vision claire et beaucoup de succès. Ses empreintes sont omniprésentes. Le changement peut entraîner quelques craintes au niveau du personnel et c’est ce qu’il faut gérer au plus vite. Grâce à d’excellents collaborateurs, la passation s’est déroulée en souplesse et l’entreprise a vécu ce changement en toute sérénité.

Pendant un an, j’ai découvert les différents départements avec une attention particulière pour le département production, qui reste mon « dada ». J’ai travaillé avec Lou sur les dossiers importants, dans l’accompagnement des clients et les ressources humaines. C’est un job à 360 degrés.

Ma priorité était de rassurer mes collaborateurs. Objectif atteint, l’équipe est aujourd’hui toujours aussi soudée et motivée.
Parallèlement il faut aussi continuer à travailler sur les dossiers en cours, les négociations de contrat avec les médias, les clients, et continuer à suivre en continu de grands projets comme l’extension du réseau Luxtram par exemple.

Mais nous avons aussi développé de nouvelles choses. Aujourd’hui, nous avons à nouveau atteint notre vitesse de croisière. Le métier de base ne change pas. La ligne était tracée. Mais il était essentiel de bien communiquer en interne et en externe. Cela passe par les formations communes, l’indépendance hiérarchique et la vision. Le succès d’IP c’est le travail en équipe. Agir ensemble.
 
Pouvez-vous nous rappeler brièvement quelle place occupe IPL dans le paysage médiatique luxembourgeois ?

Nous sommes la première régie publicitaire au Luxembourg avec une part de marché de plus de 30 % selon les données Nielsen. Nos activités s’étendent dans l’audio, la vidéo, le digital et l’OOH. Nous avons actuellement 65 collaborateurs.
 
RTL Group en quelques chiffres ?

Pour le volet international c’est 60 chaînes TV, 30 stations radio, la vidéo online, et la production de contenus.
C’est un atout important pour nous d’appartenir à un groupe international. Cela permet de suivre les tendances, la stratégie avec un échange de « Know How » et d’outils. C’est une source d’inspiration pour les projets.
D’un point de vue local, RTL Group au Luxembourg c’est plus de 660 personnes avec RTL Group, BCE, la régie IPL, Media Assurances et ENEX.

Les médias RTL Luxembourg touchent quotidiennement 290.000 résidents (TV – Radio - Digital). Notre force c’est la production locale et la diffusion de contenus locaux comme les news, les jeux, et les magazines d’actualité.
 
Quels sont les défis à relever dans votre fonction au sein d’IPL ?

Le défi principal est d’amener les équipes à être acteur de la transformation digitale. Qu’elles puissent voir les opportunités qui se présentent. Les médias d’aujourd’hui incluent de plus en plus l’axe digital. C’est le challenge du futur et il faut sensibiliser les équipes à cela. Il faut aussi trouver le bon planning et le bon timing dans la transition.  
 
Il y a quelques mois vous avez lancé RTL Today. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

RTL Today a fêté son premier anniversaire. C’est une Success story. C’est une équipe fantastique. En 1 an RTL Today est devenu le site anglophone n°1 au Luxembourg.  L’audience est en progression constante. Un grand atout est de travailler avec l’intégration de contenus vidéo. La cible des expatriés est importante et la communauté anglophone ne cesse de croître. C’était une bonne stratégie que de lancer ce produit avec des contenus spécifiques. Les visites dépassent les 200.000 par mois. C’est un de nos produits du futur et RTL va augmenter les ressources pour continuer son développement. C’est un site qui reflète la vie au Luxembourg. Il couvre le sport local, les traditions, les actualités, l’agenda culturel, le caractère luxembourgeois.
 
Quelles sont les projets en chantier en 2019 ?

Nous avons plusieurs projets. Luxtram et son extension vers la gare centrale. D’un point de vue espace publicitaire, c’est important. L’impact du média sera encore renforcé avec cette entrée dans le centre de la ville.

Nous venons aussi de lancer le nouveau site RTL.lu. Un changement en profondeur, avec une nouvelle mise en page, de nouvelles apps…

D’un point de vue stratégique, j’aimerais renforcer la collaboration avec les acteurs du marché, avec un focus sur la satisfaction des annonceurs, sujet bénéfique pour tout le monde.

Nous travaillons aussi sur les Media Awards 2020. C’est un grand chantier pour cette année. Nous voudrions redéfinir les catégories, avec la volonté de garder le même niveau de qualité.

Et puis pour la régie, notre activité principale, nous continuerons à tenir à l’œil l’évolution des tendances, d’être à l’écoute du marché pour pouvoir nous adapter de façon continue. Il faut soigner nos acquis et développer les solutions du futur. La très grande force d’IP Luxembourg est d’être diversifiée.
 
Et à plus long terme ?

La digitalisation. Nous travaillons sur l’optimisation de nos processus de booking. Avoir des flux plus souples pour donner un accès plus facile à nos médias pour nos clients. L’idée aussi est de rationaliser le Back Office (straight through process) pour gagner en efficacité. C’est un travail à long terme, un challenge évolutif.
 
Parlez-nous de la régie ?

C’est notre core business. Le gros avantage que nous avons est d’être actif dans différents médias et surtout dans différentes langues. Nous avons des médias accessibles pour tous les budgets. Nous complétons notre offre avec les services de production audiovisuelle et digitale. Nous répondons à la demande, de la création à la réalisation. Nous nous sommes diversifiés aussi avec la production de sites internet. Nous avons une approche d’accompagnements et de conseils pour les clients. Suivant notre expertise et notre analyse, nous proposons la production d’un site ou des évolutions du site existant. Aujourd’hui, c’est une équipe de 4 personnes.
 
Votre avis sur l’achat programmatique, où en êtes-vous actuellement ?

J’ai un avis relativement rationnel sur le sujet. Pour moi, les 2 mondes doivent vivre en parallèle. En interne nous avons une équipe compétente qui suit l’évolution du marché. Déjà actuellement une petite partie est faite en programmatique. L’atout du programmatique est la facilité d’accès à un inventaire pour les formats standards. Dans le cadre d’actions Crossmedia, il ne faut pas perdre de vue la qualité de la recommandation globale. Nous avons actuellement très peu d’inventaire programmatique. C’est une volonté en interne mais on tient le marché à l’œil. C’est aussi une question de ciblage.
 
L’évolution du mode de consommation de la TV et de la diversité des supports changent la donne des audiences. Que faites-vous pour palier à ses changements ?

C’est tout à fait vrai, mais il faut savoir qu’au Luxembourg les contenus télé représentent plus de 60 % de la consommation vidéo. Ceci est mesuré dans une étude que notre département marketing a menée avec TNS. Pour ces changements de consommation des médias, nous observons ce qui se fait au niveau du groupe. Notre stratégie tient compte de la vitesse du changement des habitudes. RTL a des projets en cours parce que l’audience attend un maximum de flexibilité pour consommer les contenus. Et nous y travaillons tous les jours. Avec toujours la même priorité : avoir un produit qualitatif. Nous profitons des expériences du groupe : France, Pays-Bas, Allemagne… Nous agissons sur un marché qui évolue un peu plus en retrait par rapport aux autres pays. Un marché spécifique qui demande des solutions adaptées.
 
Comment percevez-vous le marché publicitaire luxembourgeois actuellement ?

On vit depuis des années avec un bon niveau d’investissements… Mais il ne faut pas se reposer sur les acquis. Il faut accompagner les équipes commerciales et il faut promouvoir le Luxembourg à l’étranger. Le rapprochement des acteurs est bénéfique pour obtenir plus d’arguments face aux GAFA par exemple. C’est un challenge à relever mais nous avons tous les outils pour le réussir. La qualité des contenus reste primordiale. Il faut rester convaincant. Il faut sensibiliser le marché sur l’importance d’une bonne création, d’un plan média performant. Pour moi, la créativité n’a pas de prix. Si la pub est bien faite, elle touche à l’émotion et la consommation s’en porte mieux. Nous avons tout à y gagner.
 
Vous êtes un passionné de son et de la radio. D’où vient cet amour inconditionnel ?

Je suis musicien. Tout ce qui touche à l’émotion m’atteint. Je suis saxophoniste depuis l’âge de 9 ans. J’ai toujours aimé le saxophone. Quand j’étais enfant, soit on jouait au foot dans le club du village, soit on jouait dans l’harmonie municipale. Moi j’ai pris la deuxième option.

Dans les années 90 nous avions monté un groupe qui a marqué la jeunesse de pas mal de monde avec du rock et du rock alternatif. En mars 2018, nous avons organisé un concert après presque 20 ans... 3000 spectateurs à Ettelbruck, c’était assez spectaculaire ! En parallèle nous avions créé une entreprise pour sonoriser nos concerts. On peut dire que le son me passionne effectivement. Aujourd’hui je joue encore dans la Philharmonie Grand-Ducale et Municipale d’Ettelbruck.

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